mercredi, juin 10, 2009
9
Roswell Enigma. L’énigme de Roswell. Dans cinq cents ans, on parlera encore de l’affaire de Roswell... Roswell. Dans la nuit du 4 juillet 1947, une violente tempête s’abat sur le comté de Roswell au Nouveau-Mexique. Un fermier solitaire, Mac Brazel, vivant au milieu de la nature sauvage, possédant de grandes étendues de terre, entend un fracas immense en plein milieu de la nuit. Un tonnerre assourdissant. Se levant très tôt comme la plupart des fermiers, il inspecte ses terres à cheval comme tous les petits matins... Il remarque que ses moutons semblent ne pas vouloir dépasser une certaine colline. Il va voir et ce qu’il voit lui semble ahurissant: éparpillés sur des kilomètres à la ronde, une multitude de petits débris semblant un mélange de métaux divers, de ferraille, de tôles, de bois ou de balsa font comme une ligne discontinue... Il semble évident qu’un appareil volant quelconque s’est disloqué dans l’air, a explosé et éparpillé ses débris sur des kilomètres à la ronde. Un appareil volant, certes, mais quel genre d’appareil?
Le lendemain, il rend visite au shérif local lui demandant de prévenir rapidement l’armée. Ces débris sont à l’évidence un de ses engins volants et il estime devoir être dédommagé contre le préjudice qu’ont subi ses terres. De plus, c’est à l’armée de déblayer, pas à lui...
Le shérif contacte donc la base la plus proche: la base du 509ème bataillon aéroporté de Roswell, à l’époque la seule base américaine à détenir des bombardiers porteurs d’armes nucléaires. L’appel du shérif va avoir des répercussions dramatiques sur la tension qui règne dans l’armée et les services secrets américains. Il faut dire que l’époque est difficile: les Etats-Unis sortent à peine d’une guerre éprouvante contre l’Allemagne et le Japon et de plus la guerre froide bat son plein: la tension avec l’URSS est à son plus haut. L’atmosphère d’espionnite et de paranoïa qui règne donc à la base de Roswell est immense. Le général Blanchard envoie deux gradés chez Mac Brazel en pleine campagne: le Major Jesse Marcel et l’agent des services secrets de l’Air Force, l’AFOSI[1], Sheridan Cavitt. Arrivés tard dans la soirée, ils passent la nuit dans une grange. Au petit matin, accompagné de Mac Brazel, ils sont stupéfaits de voir eux aussi toute cette multitude de débris. Ils en ramassent un maximum. Jesse Marcel est impressionné à la fois par l'extrême résistance de ce qui ressemble à un métal léger et en même temps par la souplesse de ce même matériau. Il en est tellement impressionné qu’il passera à son domicile en plein milieu de la nuit pour réveiller son jeune fils et lui montrer ses découvertes. Celui-ci s’en souvient encore. Marcel revient à la base de Roswell tandis que Cavitt attend une équipe logistique; il est clair qu’un engin volant s’est écrasé en pleine montagne et qu’il est de la responsabilité de l’armée américaine de récupérer les débris. Après tout, et si c’était un engin espion soviétique, un avion de longue portée capable de photographier et filmer en toute clandestinité tout le système de défense américain? Un vrai méli-mélo s’installe à la base de Roswell. Dans un premier temps, en pleine mélasse, le général Blanchard annonce aux médias que l’armée a bel et bien récupéré un disque volant d’origine inconnue. Après quelques heures de folie médiatique qui va surfer sur les principales rédactions américaines et européennes, contrordre. Le général Ramey, supérieur de Blanchard (sur le plan national) affirme qu’il s’agit d’un ballon-sonde. Fin de l’histoire. C’était Roswell Enigma.
Mais est-ce vraiment la fin de l’histoire? Des années après, Jesse Marcel affirmera avoir fait l’objet d’une manipulation, d’une opération de désinformation, ce que les Américains appellent une cover-up. Les débris en face desquels il fut photographié étaient bien ceux d’un ballon-sonde... Mais ce n’étaient pas ceux qui étaient éparpillés sur les terres de Mac Brazel... Ceux-là étaient totalement différents de ce qu’il avait pu voir dans sa carrière militaire... Légers comme une plume, plus résistants que l’acier, indéformables, impossibles à brûler... Le temps passe... Une chape de plomb s’est abattue sur cette histoire... Et on n’en entend plus parler jusqu’en 1978, époque à laquelle des ufologues américains: Moore, Randle et Schmitt, réétudient l’affaire et font une lecture tout à fait différente du “non-évènement” de Roswell. Car 30 ans après, subitement, les langues se délient. Des “témoins” se mettent à parler et tout laisse à penser qu’un secret vieux de 30 ans est sorti de sa bouteille, a jailli brusquement comme le coca qui jaillit de la bouteille qu’on a trop longtemps secoué...
Voici leur récit: une fois Marcel rentré à la base, ce sont les services secrets de l’US Air Force qui reprennent les recherches. Ils bloquent toute la région sur des dizaines de kilomètres, ratissent chaque mètre carré. Au bout de la quête, ayant fini sa course folle une navette spatiale à moitié écrasée, éventrée sur un rocher. Près du rocher gisent 4 ou 5 cadavres, salement amochés, en pleine décomposition. Pas des russes, pas des américains. Des êtres au teint gris, sans cheveux, très petits, pas des êtres humains, ah ça non: des extraterrestres.
A partir de là, l'histoire devient folle et zigzague dans tous les sens. Les cadavres extraterrestres sont ramenés à la base. Peut-être même qu’un (ou même plusieurs) extraterrestres étai(en)t encore vivant(s). Selon le Major Corso, un haut gradé de l’US Air Force, l’un d’entre eux aurait même été... descendu par un soldat américain parce qu’il tentait de fuir! L’histoire s’enfonce dans le noir: un entrepreneur en pompes funèbres, Glenn Dennis, travaillant près de la base, reçoit un coup de fil étrange des militaires. On lui demande de préparer plusieurs cercueils d’enfants, requête pour le moins inhabituelle. On le rappelle plusieurs fois par la suite pour lui demander des détails sur l’embaumement, comment faire ceci, comment faire, cela, etc. Le croque-mort qui a l’habitude de travailler avec la base (les manœuvres, ça fait aussi des morts...) s’indigne et affirme qu’il est prêt à venir aider, tout de suite s’il le faut, c’est son boulot, qui le ferait mieux que lui?! On lui rétorque de ne rien en faire, de rester chez lui et de simplement répondre aux questions.
Piqué au vif, Dennis n’en fait qu’en même qu’à sa tête: il prend sa voiture et se dirige vers la base. A l’entrée, les gardes, qui le connaissent, le laissent entrer. Une fois garé, il se dirige vers la morgue. Il rentre dans le vestibule où règne une effervescence qu’il juge tout à fait inhabituelle: des soldats, des infirmières, des médecins criant des ordres, une vraie fourmilière en furie! Dennis continue à avancer, furetant et étonné quand une de ses amies infirmière l’aperçoit et l’apostrophe en lui disant qu’il est fou d'être venu à la base en un pareil moment. Elle lui demande de rentrer chez lui en vitesse! Peine perdue. Un gradé l’aperçoit et ordonne à deux G.I. de l’escorter immédiatement à sa voiture. L’infirmière lui glisse quelques mots étouffés. “Elle l'appellera” bientôt. Les deux G.I. ramènent Dennis à sa voiture et lui ordonnent de quitter la base immédiatement et de ne plus y revenir avant longtemps. Très longtemps... A moins qu’il ne préfère que ses os pourrissent sous le soleil dans le désert environnant... Peu rassuré par le contexte (et par la menace), Dennis s’exécute. Il part profondément troublé par ce délirant remue-ménage et par cet accueil plutôt frais. Il rentre chez lui, dépité.
Deux jours plus tard, l’infirmière le rappelle, Dennis la presse de questions, elle refuse de lui répondre au téléphone. Elle lui donne rendez-vous dans un café, un drive-in un peu à l’écart de la ville. Et ce qu’elle va lui raconter va dépasser en imagination tout les plus grands délires de science-fiction. L’infirmière raconte l’histoire telle qu’elle l’a vécue: les militaires ont bien ramené des cadavres d’extraterrestres à la base de Roswell. Les médecins militaires les ont étudiés sous toutes les coutures. Analyses. Autopsies. Dissections. Conservation des cadavres dans des cercueils réfrigérés. Les corps ont été aéroportés jusqu’à la base de Wright-Patterson (aujourd’hui Wright Field) à Dayton dans l’Ohio. Dennis lui demande une description des êtres: petits, 1m30 environ, peau grise, pas de cheveux ni de pilosité apparente. Pas d’organes sexuels. Crânes hypertrophiés. Bras plus longs que des bras humains proportionnellement au corps. Quatre doigts uniquement. Elle en fait même un croquis qu’elle déchire aussitôt. Elle assure à Dennis qu’il a eu beaucoup de chance d’avoir pu quitter la base vivant. Morte de peur, elle s’en va en faisant promettre à Dennis de ne parler de cette histoire à personne sous risque d'être assassiné par l’armée. Dennis promet. Quelques mois plus tard, il apprendra que l’infirmière en question a été mutée dans une base US en Angleterre. Il lui écrit à la base en question. Le courrier lui reviendra avec la mention “décédée”. Dennis se taira pendant plus de trente ans.
La suite de l’histoire est reconstituée par Moore, Randle et Schmitt. C’est un aviateur chevronné, “Pappy” Henderson qui a convoyé les corps jusqu’à Wright Field. Le président américain de l’époque, Harry Truman, aurait monté une équipe de scientifiques et de militaires pour étudier de près la situation. Pour éviter une panique générale, le black-out a été imposé. Et à moins d’une révélation de dernière minute, à l’heure où vous lisez ces lignes, il est toujours en cours. Le colonel Corso sous les ordres du général Trudeau, chef de la Foreign technology division[2], une officine US chargée d’espionner les armes étrangères et (éventuellement de les copier) aurait été chargé d’étudier et de “disséquer” l’ovni de Roswell. Dans un livre paru en 1998, il révèle la raison du maintien du secret: ces extra-terrestres seraient hostiles. Leur attitude constante aurait été l’espionnage des principales bases US. Les extra-terrestres auraient causé de dramatiques pertes à l’aviation américaine et soviétique. Ils seraient responsables de maints accidents arrivés aux engins spatiaux dont peut-être celui de la navette Appolo 11. L’attitude bizarre des américains délaissant la surface de la lune après plusieurs expéditions s'expliquerait ainsi aisément: ces extra-terrestres y auraient déjà leurs propres bases (sur la face cachée) et auraient laissé comprendre que les humains y seraient persona non grata. D’où l’étrange abandon de la surface lunaire par les Américains et la plus encore étrange attitude de leur programme spatial: construire une navette spatiale et tourner indéfiniment autour de la Terre comme un porte-avions faisant des ronds dans l’eau. La Foreign technology division aurait “ensemencé” les boites privées américaines de technologies “exotiques” trouvées dans l’ovni de Roswell. D’où les avions invisibles à la couverture radar, la vision parfaite de nuit, les fibres optiques, les lasers et masers, les transistors, etc. La course aux armements entre américains et soviétiques n’aurait été qu’un leurre dont le véritable objectif était la réalisation d’armements surpuissants permettant de contrer le plus rapidement possible l'avance extra-terrestre en ce domaine. D’où le programme de “la guerre des étoiles” lancé par Ronald Reagan en 1980, dirigé non pas contre le pacte de Varsovie mais bel et bien contre les extra-terrestres.
Vous voulez aller encore plus loin? Des ufologues américains affirment que sur la fameuse base 51 (vous savez, la base militaire la plus secrète du monde dont tout le monde connaît l’emplacement: sur le lac asséché groom lake dans le désert du Nevada), de nombreux autres ovnis récupérés à la suite de crashs auraient été étudiés, “disséqués” et peut-être (plus ou moins) adroitement “recopiés” ce qui permettrait aux Etats-Unis d’avoir une avance faramineuse au niveau aérien et spatial sur toute les autres nations du monde. Les Américains auraient “leurs” ovnis, des super-avions/navettes capable de passer de l’atmosphère à la stratosphère en alternant techniques de vitesse conventionnelle, magnétohydrodynamique (une nouvelle technique révolutionnaire de propulsion permettant des vitesses allant jusqu’à 100 km/secondes) et autres techniques exotiques... Deuxième raison, donc, du secret concernant la présence extraterrestre sur et autour de la Terre: les Etats-Unis ont un siècle d’avance en matière de propulsion aérienne et spatiale sur toutes les autres nations de la planète.
Vous voulez dépasser les limites du délire concernant Roswell et ses suites? Allons-y: des ufologues déjantés - mais alors là, vraiment déjantés - comme l’ancien pilote d’essai John Lear affirment qu’un “gouvernement secret” à l’intérieur des Etats-Unis serait entré en contact avec une ethnie extraterrestre. Ils auraient signé avec eux une espèce de “traité” dont les clauses auraient été les suivantes: don aux Etats-Unis de plusieurs technologies de propulsion spatiale extraterrestre, dons d’aéronefs, aide à la formation de pilotes et d'astronautes sur ces engins contre... la possibilité pour ces extra-terrestres d’installer des bases militaires souterraines sur le territoire des Etats-Unis et de pouvoir disposer d’un certain nombre de têtes de bétail pour leurs expériences biogénétiques et la latitude totale de pouvoir enlever - temporairement - un certain nombre d’humains pour “étude scientifique”! D’où les récits horribles faits par les “abductés”, ces fameux enlevés affirmant dans les journaux et les livres qu’ils ont bel et bien été enlevés et torturés psychologiquement et physiquement par ces extraterrestres. Mais il y aurait eu un coup de canif dans le contrat! Les visiteurs seraient allés un peu trop loin en ne ramenant jamais un certain nombre d’humains, bref en les kidnappant définitivement - probablement pour les tuer après les avoir disséqués ou quelque chose d’approchant - d’où l’énorme proportion de disparus définitifs chaque année aux USA mais aussi dans beaucoup d’autre pays: 3ème secret ayant trait aux ovnis: Les enlèvements.
Qu’en est-il exactement? Ne comptez pas sur moi pour vous donner les réponses. Je ne les ai pas. Je vous livre seulement mon intime conviction sur quelques points précis - tout en n’ayant aucune preuve tangible pour l’étayer.
- A mon sens, un ovni s’est bien écrasé en 1947 à Roswell. L'événement avait de quoi traumatiser des dirigeants à peine sortis de la deuxième guerre mondiale et déjà sur-stressés par la perspective à l’horizon d’une guerre plus que probable avec l’URSS. Oui, il y a bien une présence extraterrestre autour de notre planète. Les ovnis existent et en sont la trace. Ou peut-être la marque d’une inquiétude. Nous sommes dotés d’armes de destruction massive alors que notre planète avance vers une potentialité de conflits planétaires multiples de plus en plus probables. Nous sommes donc capables de nous auto-exterminer et nous le ferons peut-être. Tout en dégradant probablement toute la biosphère environnante de la Terre en cas de guerre nucléaire généralisée[3]. De plus, si nous ne nous auto-exterminons pas, alors cela veut dire que nous aurons le temps d’aller plus avant dans l’exploration de l’espace et d’y amener probablement ce que nous avons si bien expérimenté entre nous durant la très courte histoire de notre espèce à l’échelle de l’univers: la guerre, le chaos, la destruction, la mort. Nous sommes un grand danger “extraterrestre” potentiel pour des extra-terrestres. Nous sommes intrinsèquement, fondamentalement, une espèce éminemment hostile.
Qu’est-ce que ça vient faire là? Je vous vois venir. Toujours la même, obsédante, lancinante, question... Eh bien, figurez-vous que j’adore ces histoires d’extra-terrestres, qu’elles soient vraies ou fausses. Car vraies ou fausses, elles seront toujours pour moi plus dignes d'intérêt que les “véritables” contes de science-fiction. Car dans le pire des bouquins d’ufologie, le pire des nanars consacrés aux extra-terrestres, il y a ça: le fait que leurs auteurs affirment que ce qu’ils écrivent, ce qu’ils disent, ce qu’il filment, eh bien, les gars, “c’est vrai”! Tout est dans le “c’est vrai”. S’il n’y avait pas ce petit “c’est vrai, les gars, je les ai vus comme je vous vois!”, le meilleur de ces bouquins n’aurait aucun intérêt. C’est parce “qu’on ne sait jamais, après tout, qui sait, c'est peut-être vrai...” que l’on s’y intéresse avec passion. Et qu’on achète le bouquin. Et qu’on le lit.
Roswell, événement réel ou fictif, a enfiévré les imaginaires: il y a d’abord les pour et les contre. Vous avez compris maintenant que je me situe dans le camp des “Pour”. Mais ce qui est important, c’est aussi le contre-choc de cet événement ou de ce non-événement: il a fait naître une riche recherche: recherche de la vérité à travers les multiples livres des ufologues en faveur de la thèse extraterrestre. Réponses tout aussi foudroyantes et expéditives des pouvoirs publics américains pondant un rapport de plus de mille pages pour infirmer la thèse extra-terrestre[4]. Enquêtes politiques menées par le sénateur américain Steven Schiff. Livres “non-officiels” comme celui du colonel Corso, je l’ai écrit plus haut, non seulement adoubant la thèse extraterrestre mais mettant clairement en garde contre le réel péril que nous pourrions éventuellement courir face à un ennemi potentiel... Et puis bien sûr, films, disques, feuilletons, etc. Toute une contre-culture bien dans la veine des pulps américains, des bandes dessinées à deux sous, représentant cependant une culture bien réelle, souvent féconde et riche, une culture née des entrailles même du peuple américain qui n’est pas le peuple d’abrutis illettrés que l’on dépeint souvent ici en Europe.
C’est dans cette veine que je vais vous parler du feuilleton Roswell dont nous fumes abreuvés par M6. Roswell de chez M6, donc.
A première vue, ce feuilleton était complètement débile. Et en un sens, c’est vrai, il l’était. Quel était la sauce, le liant, de ce feuilleton? L’histoire raconte comment 3 jeunes adolescents à l’apparence tout à fait banale sont en fait trois extraterrestres arrivés enfants dans des incubateurs placés dans une soucoupe volante. Ces gosses à l’allure humaine sont si mignons qu’ils sont vite adoptés par des adultes sans enfants de la ville de Roswell. Oui, mais voilà, d’abord, ils ont des supers-pouvoirs. Ensuite, il leur arrive des tas d’aventures: pourchassés par le FBI et les services secrets voir par des ET hostiles à leur ethnie, recherchés par leurs “compatriotes” extraterrestres, recherchant eux-mêmes à dévider sans cesse le fil de l’énigme qui les lie à leur mystérieux passé, déchirés entre leur “double identité” humaine et extra-terrestre... Bref, la sauce, c’est un mélange d’histoire d’ados à l’eau de rose et ça a un certain charme, ce parfum de nostalgie qui nous prend tous aux tripes: le lycée, l’adolescence, la révolte perpétuelle, la jeunesse, etc., et puis de l'autre coté, la science-fiction, l’appel de l’espace, l’aventure. Cette sauce n’était pas si mauvaise lors de la première saison; il y avait un tempo, du rythme, des renversements de situation, du mystère, des sentiments, la bande-annonce de la chanteuse Dido était également remarquablement bien faite. On était loin du “véritable” crash de Roswell mais l’ensemble se regardait avec plaisir. C’était la première saison et elle passait bien la rampe.
Arrive la deuxième saison qui commence à baisser d’un ton. Baisser de rythme, de pouvoir, de charme, de punch, de mystère, de jeunesse. Baisser. Lentement mais sûrement.
Arrive deux ans plus tard, la troisième: catastrophe. La veine est épuisée. Les extraterrestres sont fatigués. Mais la Major américaine veut nous faire croire que ce petit feuilleton vit encore. Et elle failli bouger l’image dans tous les sens pour nous faire croire qu’il y avait encore de l'essence dans le moteur. Mais là, c’est trop tard. Roswell est mort. Seuls la Major US et M6 auraient voulu nous faire croire le contraire. Et c’est là que mon histoire se greffe.
Elle va intervenir dans ce qui est à mon sens le plus mauvais de tous les épisodes de la plus mauvaise saison de Roswell. Cet épisode était intitulé “Enigma”. En fait d’énigme, il s’agit d’une petite arnaque. L’arnaque à la fausse science-fiction. Dans cet épisode qui toucha le fond, la patine extra-terrestre avait quasiment disparu. J’attendais du fantastique à chaque scène et je ne voyais que teen-agers et conneries d’ados décalés. Je continuais, stoïque, à attendre ma part de révélation, de science-fiction, d’onirisme. L’intrigue était banale, bateau... Les élèves de la high-school de Roswell (ou certains d’entre eux) avaient organisé une surprise-partie dans un lieu tenu secret. Le but du jeu étant de trouver le lieu en question; pour y participer, les élèves devaient trouver dans toute la ville des indices à base de rébus, de “signes” pouvant les faire cogiter et comprendre où se trouvait le vrai lieu de la party. Bien sûr, il y a des fausses pistes, des leurres (comme dans les vraies histoires d’ovni...)... Mais moi, j’attendais, j’attendais, n’en pouvant plus de pouvoir voir quelque chose ayant un rapport de près ou de loin avec le fantastique, je ne sais pas, moi, une dématérialisation, un voyage dans le temps, une désintégration, une soucoupe volante, n'importe quoi à se mettre sous la dent plutôt que ces conneries de teen-agers débiles d’un trou du cul américain du Nouveau-Mexique. J’étais à chaque seconde sur le point de zapper m’infligeant ce pénible spectacle de ces connards de teens s’abritant derrière des répliques que même dans le plus mauvais des cours de théâtre, on n’aurait pas osé dire:
Michael: Qu’est-ce que t’es venu faire?
Max: Comme vous. Je veux trouver Enigma.
Michael: Ce ne serait pas plutôt Liz qui t’envoie nous surveiller, Maria et moi?
Max: c’est le nouvel an et je veux m’amuser comme toi. Je suis capable de m’amuser.
Maria: Bien. J’ai l’explication: c’est un joueur de football qui a le numéro 7. Tyv Lambert a le numéro sept.
Michael: C’est qui ce type?
Maria: Le joueur-vedette au bahut d’Isabelle.
Et là un grand rire, le phénomène paranormal se manifeste de nouveau, cette voie inconnu - avec mon timbre pourtant - se greffe sur le feuilleton.
: “Ha ha ha ha ha ha ha ha!”
- On perd notre temps... Y a rien du tout!”
Ce que je traduit par : “arrête de regarder ce feuilleton de teen-agers débiles! Tu vois bien que cette bluette n’a rien de fantastique ni d’un film de science-fiction! Allez zappe ou éteins la télé.” Ce que je fis, ne pouvant plus supporter cette débilité.
Mais nous revoilà encore et encore au point de départ. Qui est “on”? Est-ce que “on” est mis pour “nous ? Sommes-nous deux dans cette enveloppe charnelle ou plutôt dans cette enveloppe cervicale? Comme le personnage de Cuatro dans le fameux “Total Recall” avec Schwarznegger? Hébergerais-je un parasite? Et si oui, quel genre de parasite? Une espèce de succube ou incube qui me boufferait la moelle ou plutôt les émotions produites par ma moelle... Ne rigolez pas, il y à des mecs qui y croient dur comme fer comme un ufologue facho des bords de l’atlantique qui estime qu’autour de nous vivent des prédateurs invisibles qui se nourrissent de nos affects.
On tourne en rond, encore et toujours. La résolution de l’énigme! Je veux la connaitre un jour... Allez, on trouvera, moi, l’un ou l’une d’entre vous, on trouvera, on comprendra. On saura. Il y aura toujours parmi nous des êtres qui cherchent et traquent la vérité. Et certains y arrivent: les microbes, l'électricité, l’atome, la connaissance des météorites et de leur effet sur la Terre. La détection des planètes extra-solaires. On trouvera.
jeudi, mai 28, 2009
8
J’ai connu Marcel à la fin des années 90. Je crois que j’ai fait sa connaissance en 1998. Je veux dire par-là que c’est à ce moment que j’ai vraiment osé lui adresser la parole. Mais la première fois qu’il est apparu dans ma vie, c’était en 1991. J’habitais à * à l’époque. Un jour, je croisai un mec d’une cinquantaine d’années, rue *. Il avait l’air pauvre, dans la dèche, mal habillé. En le croisant, je me suis dit qu’il avait l’air d’un SDF; la réflexion que je me suis faite, c’était ça: “celui-là, il a l’air d’un type qui veut demander quelque chose à quelqu’un”. J’entendis alors ce mec me répondre, oui, me répondre! Répondre par une phrase qui sortait de sa bouche à une réflexion que j’avais formulée dans ma tête! Autrement dit, pour être clair et sans équivoque, ce mec avait lu dans ma pensée! Il avait lu dans ma pensée. Car sa “réponse”, celle d’un mec ulcéré, vexé, avait été celle-ci: “Ah bon? Vraiment?” J’avais compris instantanément qu’il lisait dans ma pensée et je continuais mon chemin, tétanisé par la peur, mort de frayeur, en me répétant mentalement: “ce gars lit dans ma pensée! Ce gars lit dans ma pensée!” J’avais grand-peine à ne pas prendre mes jambes à mon cou et à ne pas fuir, courir, courir, le plus loin possible... Je m’éloignai en marchant mais j’avais les jambes qui flageolaient. J’avais peur. J’avais très peur.
Je me réfugiais dans un McDo où je tentais de me rasséréner, de reprendre mes esprits. J’étais persuadé - et avec raison - qu’il lisait dans mes pensées à distance. Je me mis à me dire qu’il pouvait peut-être être possible de communiquer avec lui, de pouvoir en discuter. Je revins alors une demi-heure après vers mon point de départ et je le vis marcher vers moi, plutôt souriant. Mais la peur revint aussitôt et je me planquais contre un poteau électrique. Je ne pouvais pas.
Il se trouve que le soir même, je partais pour Bordeaux rejoindre *, mais c’était une coïncidence. A mon retour à *, je croisai plusieurs fois Marcel; je le cherchai même des yeux et il m'arriva de le recroiser par un après-midi d’hiver extrêmement froid. J’allais vers le métro et il marchait à l'extérieur. En le croisant, je lui lançai un message mental - car je savais qu’il m’écoutait, qu’il m'entendait. Le message était celui-ci: “est-ce que vous voulez discuter? Est-ce que vous voulez qu’on discute?” Avant de monter dans l’escalier mécanique, je le vis, souriant, qui m’attendait. Je compris qu’il m’avait entendu. Mais j’avais quand même peur. Je vins directement m’installer sur un banc en plein milieu d’un parc pour enfant, complètement vide. J’avais peur, mais mettez-vous à ma place: vous avez affaire à un homme, un être, dont vous ne savez s’il est réellement humain - un extra-terrestre? Un mutant? Qui sait? - un être qui lit la moindre de vos pensées y compris les plus secrètes... Vous ne pourrez jamais rien lui cacher. Que faire dans ce cas de figure? Comment réagir? Qu’auriez-vous fait? N’auriez-vous pas eu peur, vous aussi, si vous aviez été placé dans ma situation?
Il vint me rejoindre près du banc. Et me proposa d’aller boire un pot au café du coin et de discuter. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais mon sentiment est que Marcel a tenté d’utiliser mes peurs et mes fantasmes pour me faire perdre tout contact avec lui. Il a joué un peu à l’imbécile en voulant m'entraîner délibérément sur de fausses pistes. Pourquoi? Parce qu’à partir du moment où moi, je savais, si je me mettais à parler à des tas d’autres gens de son don, il était grillé... Nous nous sommes revus un nombre incalculable de fois. Il a quasiment éludé toutes mes demandes à ce sujet: la lecture dans la pensée des autres. Une seule fois, il a un peu craqué en me disant qu’il était assez difficile de lire dans les miennes. La première fois qu’on s’était parlé au troquet, il avait quand même répondu tout de suite: “oui” à la question “est-ce que tu lis dans la pensée des gens?”
Qui est vraiment Marcel? Un homme comme les autres doté de supers-pouvoirs (ou d’au moins un super-pouvoir)? Un extra-terrestre ayant la faculté de prendre forme humaine et qui nous étudie, immergé parmi nous comme un espion de l’ombre? Un homme du futur envoyé au début du 21ème siècle, une sorte d'ethnologue du futur? S’il est 100% humain, d’où tient-il ses pouvoirs? Est-ce qu’il est né avec? S’il les a acquis, comment a-t-il fait? Comment et où aurait-il appris à les contrôler?
Autant de questions qui restent encore pour moi des énigmes. Et ça me rend fou de ne pas savoir.
Peut-être que le fait de raconter au monde entier - ou du moins à des milliers de lecteurs - son histoire, à tout le monde donc à personne - lui permettra de parler enfin, de se livrer, qui sait? A-t-il quelque chose à craindre de moi? Je crois que non. Ai-je à le craindre? Je crois aussi que non. Pourrait-il avoir quelque chose à craindre d’autres personnes, des personnes de l’ombre, des gens qui aimeraient éventuellement mettre la main sur lui, connaître ses pouvoirs, tenter de se les approprier, de s’en faire une arme? Je crois que oui.
Mais je pense que ce texte ne permettra jamais son identification. Car personne ne pourra mettre la main sur Marcel de *. Personne ne pourra le trouver où que ce soit sur Terre s’il a décidé qu’on ne le trouverait pas. Et quant à moi, je doute beaucoup qu’on puisse me faire avouer même sous la torture qui il est, qu’est-ce qu’il fait, où il vit. Car je ne le sais pas.
Et ici encore le mot magique est là en protection: fiction. Une histoire que j’ai inventée de A jusqu’à Z. Franchement, vous y croyez vous, à cette histoire de télépathes qui se baladent parmi nous en écoutant toutes nos pensées incognito comme branchés sur des stations radios? Vous y croyez? Vous croyez que c’est vrai? Vous croyez que j’y crois?
Inutile de chercher des réponses à ces questions. Je pense cependant qu’à ce stade du récit, vous avez suffisamment d’éléments pour y répondre.
Le temps passa. Marcel m’évitait. Et plus le temps passait, plus ma certitude que Marcel était bien télépathe grandissait en moi. Il se comportait comme s’il savait ce que je voulais, ce que je pensais, il me devançait souvent tout en jouant les Arlésiennes de la parole. Ne jamais nier tout à fait, ne jamais dire la vérité. De toute façon, la vérité, je la connaissais. Je me rappelle qu’une fois, le pressant de questions, il me répondit qu’il me dirait peut-être la vérité en l’an 2000. On devait être en 1997 ou 1998 et il ne m’a toujours rien avoué. Par ailleurs, j’ai cessé de lui poser la question. Je l’ai déjà écrit, je connais la réponse, ce que je veux savoir, c’est les détails, la vérité. Je la mérite quand même, non? Combien de personnes l’ont-ils percé à jour? A mon avis, pas beaucoup. Mais il y a une chose que j’ai appris, on ne peut forcer quelqu’un à dire où à faire ce qu’il n’a pas envie de faire. Il faut respecter le libre arbitre et les choix des uns et des autres.
Le fait est là: nous avons établi un contact. Depuis, nous sommes devenus “presque” des amis. En tout cas, des relations. Et ces “relations” ont pour leur base un phénomène paranormal et le partage d’un secret. Je connais le secret mais je ne connais ni le pourquoi ni le comment. Lui seul pourrait m’expliquer comment ce qu’il peut faire est possible et qui il est vraiment. Me le dira-t-il? Il dira ce qu’il a envie de dire et il taira ce qu’il a envie de taire. Personne et surtout pas moi ne l’obligera à quoi que ce soit qui puisse perturber ses choix. C’est un homme libre.
Marcel a-t-il eu connaissance de ma relation au paranormal? A l’évidence, la réponse est oui. Etant donné que ce phénomène d’impression de bandes magnétiques par des pensées inconscientes ne s’est produit qu’en phase de très grande déstabilisation émotionnelle, son répondeur n’a pas pu ne pas en recevoir; à mon sens, il en a reçu un bon paquet. Kim en a reçu, G en a reçu, toutes les personnes avec qui j’ai établi d’une manière où d’une autre un fort lien émotionnel de quelque nature que ce soit en ont reçu. Il en a certainement reçu lui aussi.
mardi, mai 05, 2009
7
- Allô?
- Bonjour.
- Qui est à l’appareil?
- Est-ce que c’est bien toi que j’ai vu le 3 février?
- Comment? Quoi? Qu’est-ce que c’est que ces conneries? Tu me tutoies? Tu me
connais? Qui est à l’appareil?
- Qui? U.N.
- ça ne me dit rien du tout.
- Je crois que je t’ai appelé au mauvais moment.
- Oui. Je crois aussi!
- Au revoir!
- Au revoir.
Ci-dessus, retranscription de la conversation téléphonique que j’ai eue avec un correspondant qui a refusé de
s’identifier au printemps 1993. Ce coup de fil m’interpelle toujours. Qui était-ce? D’ “Où” ou de “Quand”
venait-il? Je soupçonne un correspondant hors-norme. Si ce correspondant inconnu lit un jour ces lignes,
qu’il sache que je regrette mon comportement. Je suis un impulsif... J’aimerais savoir comment il connait la
date de mon anniversaire et j’aimerais savoir ce que veut dire “U.N.”.. United Nations?[1]
S’il lit ces lignes, qu’il veuille bien me rappeler...
Vanessa et le lion... Ça vous parait abscons? Ça à l’air d’un rébus, d’une énigme, d’un message indéchiffrable? D’une pièce de puzzle, du premier tournant du labyrinthe où vous allez sans doute retrouver le Minotaure? Oui, oui, il y a un peu de tout ça, je n’en disconviens pas...
C’est une chanson. et je peux dire qu’elle a fait un hit dans le domaine de l’étrange et du paranormal. Elle est le seul support audio sur lequel le phénomène se manifeste systématiquement! Et je pourrai défier quiconque ne croit pas à mes dires: je vous prends tous sur la chanson de Vanessa et le Lion. Faites-la tourner devant moi[2], de préférence sur une bande magnétique de cassette audio et le phénomène se produira à tous les coups! A tous les coups l’on gagne! Félicitations. Cette chanson est un véhicule. Que dit-elle? Eh bien, elle célèbre les amours torrides “d’une étoile et d’un lion”. Je ne vais pas les nommer ici. Ça ne servirait à rien. Soyons futuristes. Interprétatifs. Soyons voyants. Essayons de comprendre le passé pour comprendre le présent et comprendre le futur. Je crois que cette chanson contient une espèce de message subliminal.
En fait, je crois qu’elle contient un très sévère avertissement.
La chanson de l’étoile et du lion
******* peint sa bouche, elle pense à ****, rien qu’à ****...
Un sourire... Puis un soupir... Elle fredonne une chanson...
Ni triste, ni gaie, entre deux-trois interviews,
et les huiles qui moussent... Dans son bain... C’est fou...
******* chante son nom: elle s’invente des chansons sur le mariage d’une étoile et d’un lion
(Première intervention dès la première fois où le nom Lion est cité, reprise de ce terme d’une voix sépulcrale, lugubre, en accentuant la fin du mot d’une “voix” traînante: “Lioooon...”)
******* est *******, amoureuse... Elle appelle ****. ****... De secrétaires... En ministères...
Au téléphone, elle attend...
C’est un amour-mystère, un secret d’état, ******* change sa voix. Elle s’invente des prénoms.
C’est le mariage d’une étoile et d’un lion!
******* amoureuse... C’est l’histoire d’une étoile et d’un lion! (deuxième intervention :“Lioooon...”)
******* est *******, peint sa bouche elle pense à ****, rien qu’à ****, Ni triste, ni gaie, entre deux-trois interviews,
C’est de l’amour qui mousse... Dans son bain...
C’est fou, ******* chante son nom, elle s’invente des chansons sur le mariage d’une étoile et d’un lion!!!! (Troisième intervention: “Lioooon...”)
elle s’invente des chansons sur le mariage d’une étoile et d’un lion!!!! (quatrième intervention: “Lioooon...”) elle s’invente des chansons sur le mariage d’une étoile et d’un lion!!!!
Alors que peut-on tirer de tout cela? Y a-t-il un lien avec quoi que ce soit d’intelligible? Je sens que certains d’entre vous doivent se poser des questions à la lecture de ce chapitre. C’est une bonne démarche. Bien sûr, certains ont déjà soulevé un pan de la moquette et ont trouvé un peu de poussière qu’ils pourront décoder comme Champollion trouvant la pierre de Rosette. Mais combien seront ceux qui pourront tout décoder?
Pensez à l’anniversaire d'une tragédie.
L’anniversaire d’une fascination.
L’anniversaire du mal.
L’anniversaire d’une nation s’enfonçant dans l’innommable.
L’anniversaire du jour où la haine et la mort ont pris le pouvoir.
L’anniversaire de la face sombre de l’homme.
L'anniversaire de la lie de l’humanité, l’anniversaire de l’argent, du meurtre et de la pourriture.
L’anniversaire de la fin de tous les rêves.
Ça a l’air simple. Une voiture traverse une place. Il fait merveilleusement beau. Il y a un ciel bleu comme le bonheur, un soleil éclatant. C’est un vendredi, le jour de la détente, il est douze heures trente, c’est un moment unique; le matin cède doucement la place à l’après-midi. Les gens sont heureux; tout le monde est heureux, détendu. Sourires, sourires, sourires. A l’infini.
Aujourd’hui. This is it. D-Day. This is time. This is now[3]. Maintenant. Maintenant.
La chanson de l’étoile et du lion marque la fin d’une innocence. Une innocence peut-être galvaudée, inexistante, fantasmatique, un mensonge diront certains, certes, peut-être, sans doute, mais un beau mensonge. Car le mensonge qui suivra et qui continue à nous hanter est horrible.
La chanson de l’étoile et du lion nous transporte dans l’espace-temps. Elle nous fait dire que rien n’est intangible, que l’histoire se répète, qu’elle se répétera. Peut-être. Ou peut-être pas. Elle nous dit que le passé, c’est peut-être le futur. Que le présent n’existe pas. Vous vous imaginez avoir compris maintenant qui est l’étoile et qui est le lion? Et si vous vous trompiez? Et si l’étoile était une autre étoile et le lion un autre lion? Et s’il y avait deux étoiles et deux lions? Et si le futur était le passé? Je crois savoir qui est le lion. Je crois comprendre confusément l’inextricable labyrinthe où nous entraînent les anniversaires, la vie, la mort, le désir de vie, le désir de mort, la beauté, la laideur, l’amour, la haine, le désir de pouvoir. Les quatre “Lions” ne sont pas innocents. S’il se réfère au passé - et il se réfère au passé - une des clés du mystère est levée: Lion 1: Diagonale descendante, coup perdu. Lion 2, diagonale de droite, trou, sang, suffocation intense, touché. Lion 3: zigzag, diagonale perdue, béton effrité, gravats... Lion 4: coup au but, dum-dum, explosion, sang, cervelle, éparpillés. C’est fini. Dispersion, dispersion...
S’il se réfère au futur, il ne fait que prévenir:
attention: plan, complot, traquenard, mort.
S’y préparer, être prêt. Savoir et prévenir.
Connaître l’avenir avant qu’il ne se produise...
Je crois comprendre confusément les malices du temps. Même si je ne comprends pas encore ce qu’est vraiment le temps.
La question derrière la chanson - et derrière l’avertissement, la menace - c’est aussi ça: encore une fois, avons nous un destin tracé depuis la naissance, un destin intangible sur lequel nous n'aurions aucun libre arbitre?
Est-ce que tout est prédéterminé d’avance par une puissance supérieure? Et dans ce cas, est-ce que nous n'aurions plus rien d’autre à faire qu’à nous laisser glisser au fil du courant?
Ou créons-nous nous-mêmes notre avenir?
Le futur existe-t-il déjà? Ou plutôt coexiste-t-il avec notre présent, avec maintenant, avec notre passé? A cette question, je réponds confusément, sans vraiment comprendre pourquoi et sans pourvoir argumenter:
oui, le futur existe déjà.
Cela voudrait dire que s’il existe, certains d’entre nous seraient à même de le débusquer par des dons, une prédisposition, une hypersensibilité, réservée à quelques (heureux? Malheureux?) bénéficiaires? Là, encore, je réponds:
oui, certains, certaines d’entre nous ont la faculté de le connaître -
souvent très obscurément, rarement avec une totale clairvoyance, une totale lucidité.
Alors cela veut dire que notre monde, notre science, sont encore balbutiants, ce sont des fœtus qui n’ont pas fini de se développer. Et que peut-être qu’à l’heure où je tape ces lignes, quelqu’un, quelque part ou plutôt quelqu’un, ailleurs dans la spirale du temps les lit sur un support holographique, dans une bibliothèque du 30ème siècle, ce drôle de message en avance sur son temps, Et ce simple lecteur du futur en connaît déjà la fin avant même que j’aie pu l’écrire.
Que penserait-il de cette histoire: je vois un homme en train d’uriner dans des toilettes, une déflagration immense le pousse en arrière avec une force inouïe, une force si brutale qu’elle lui fait briser la porte derrière lui, une porte fermée par un loquet. L’homme gît par terre ensanglanté. Est-il encore vivant? Est--il déjà mort? J’ai tendance à ressentir sa mort.
Est-ce lui, le lion?
Est-ce cela son destin?
A-t-il un moyen d’y échapper?
A-t-il un moyen s’il en connaît déjà les pièges, de les déjouer?
Le passé est sans doute figé à jamais, mais qu’en est-il du futur?
Toute la question que nous pose l’étoile et le lion de Vanessa est là et c’est une question immensément importante. une question de vie ou de mort:
Peut-on changer le futur?
mercredi, avril 22, 2009
6
Je vais vous raconter ce qu’il s’est passé un jour que je visionnais un documentaire TV sur les prisons américaines. Plantons le décor: la scène se passe dans un de ces horribles pénitenciers américains, un de ces pénitenciers loin de tout, en pleine cambrousse. Le documentaire s’ouvre sur une des scènes les plus immondes que j’aie jamais pu voir: deux détenus blancs tuent un détenu noir à coups de couteau, non même pas à coups de couteau, à coups de lames de rasoir, Il le tuent à coup de lames de rasoir. Voilà comment ils le tuent: il y en un qui l’a bloqué par terre, qui l’a plaqué comme un rugbyman et pris en ciseau avec ses jambes et ses bras. L’autre, le tueur, donne méthodiquement des coups de lames de rasoir, des coups et des coups et des coups et des coups et des coups et des coups à n’en plus finir. La lame utilisée comme arme, enserrée dans un chiffon. Les coups, tranquilles, méthodiques - il n’y a pas d’autre mot - sur chaque partie du corps. XXXXX Tac, tac, tac. Tac, tac, tac. Tac, tac, tac. Doucement. Posément. Le noir est déjà mort depuis longtemps probablement. Mais l’autre continue de frapper pendant des minutes et des minutes qui semblent une éternité. Il “attendrit” le noir comme “j’attendris” mon bifteck quotidien avec la lame du couteau... Combien de coups? Deux cent? Deux cent cinquante?
Puis il s'arrête. Se relève. Et se met à parader au milieu de la pièce vidée de ses gardiens en gueulant: “There’s white supremacy on the air! Wahoo!”[1] Et j’entends les autres détenus dans les cellules qui applaudissent bruyamment; Le racisme meurtrier me donne envie de gerber. Dans ce documentaire, on essaie de nous retranscrire la trajectoire du meurtrier. Un jeune élevé par un père violent dans une ville quelconque du Colorado, une banlieue de Denver... Une de ces innombrables banlieues américaines qui ressemblent à des zones industrielles améliorées: drugstores, highways, Seven-Elevens, distributeurs de coke et de journaux, voitures, trucks, petites maisonnettes cosy avec jardin, à l’infini, comme des clones.
Voyant son amante - ou peut-être simplement son amie - sa voisine, entreprise par un producteur de vidéos X, ce jeune réussit avec l’aide de cette jeune fille à l’emmener dans le désert et à le tuer de plusieurs balles dans la tête avec l’arme de son père. Il est envoyé au pénitencier. Perpétuité. La jeune voisine écope de 20 ans de prison. Et l’on retrace l’itinéraire de ce jeune de 18 ans en prison pour la vie. Et on l’interviewe comme une petite vedette; il nous explique ses théories sur la vie, la mort, le meurtre, la prison...
Et là je vais vous décrire une scène qui m’a horrifié. Voilà en quoi: Nous sommes dans le bocal des surveillants, shérifs, matons et autres gardes-chiourmes, et un de ces matons, probablement le maton en chef de disserter précisément sur l’aura de ce raciste auprès des jeunes taulards: adulé comme le “king”, “l’Elvis” du meurtre raciste. Et à ce moment-là, alors que j’étais sans doute fasciné autant qu’horrifié par ce doc, j’entends cette voix métallique, éraillée, le clone de ma voix, en plus dur, la copie de ma voix, version haine: “tu lui diras bien que je le salue!”. Là, j’ai tremblé d’horreur et de dégoût, j’ai tremblé de pitié. Et là, maintenant, je sais que ce truc, ce n’est pas moi, c’est quelqu’un d’autre Mais qui est-il vraiment? Est-ce quand même moi? Est-ce qu’une partie de moi, de mon cerveau, de mon “esprit” peut ne pas être moi tout en restant une partie de moi? ... Combien croiront que tout cela est vrai? Quelqu’un pourra-t-il m’aider parmi ces lecteurs du futur? Savoir? Certains savent-ils ce que j’essaie de comprendre? Qui a les réponses à ces questions-mystères? Je ne peux rien faire dans cette infernale solitude. Je cherche, je cherche, j’écris. SOS.
dimanche, mars 29, 2009
5
Nous voilà en 1993. Là, c’est pour moi encore un tournant. Nous étions en mai. Ma sœur arrivait de l’étranger en transit dans la ville et devait immédiatement faire un déplacement de l’aéroport principal à l’aéroport secondaire pour repartir vers le sud où mes parents l’attendaient. Elle était accompagnée de ma nièce qui était un bébé de quelque mois à l’époque. Mon père m’avait spécifiquement laissé des instructions pour que je les assiste dans leur transfert d’aéroport à aéroport.
Je me levai donc tôt le matin pour aller attendre ma sœur et son bébé à l’aéroport. J’allai au terminal que je connaissais bien pour avoir souvent pris l’avion là-bas. J’avais traversé tout le Nord dans les transports en communs et c’était une véritable expédition. Arrivé à destination, pas de sœur ni de nièce. Il y avait trois avions d’arrivés mais elles n’étaient dans aucun d’eux. Que faire? Rentrer à la maison. Entre-temps, j’ai failli être verbalisé à la sortie du train pour Dieu sait quel problème. Mon stress avait déjà bien monté quand je revins à la maison une heure plus tard. Sur ce, je reçus un coup de téléphone de mon père me morigénant et me reprochant amèrement d’avoir laissé tomber ma sœur. Je lui expliquai le quiproquo. En fait, ma sœur était arrivée dans un quatrième avion, dans un autre terminal... Il m’engagea à aller sur-le-champ à l’aéroport secondaire où elle devait prendre son deuxième avion. Un peu fâché quand même (j’avais mis beaucoup de bonne volonté dans ces gymkhanas épuisants et on m’engueulait!) je repartis. Et là dans le bus, je fus contrôlé une deuxième fois. N’ayant pas utilisé le nombre de billets de correspondant au trajet, je fus donc mis à l’amende ce qui me mit - intérieurement - fort en colère. J’arrivai quand même à l’aéroport où je retrouvais enfin ma sœur et sa fille. Je les aidai pour toutes les formalités et je pris congé. Retour à la maison. Je crois bien que j’ai passé toute ma journée dans les transports en commun ce jour-là. Je revins chez moi à 18 heures. Epuisé. Mort de fatigue. Les nerfs en pelote, tendu à l'extrême.
Je me rappelle que j’étais dans le couloir de mon studio; j’étais en train de ranger ma penderie. J’avais mis la radio en zappant un peu sur un grand nombre de chaînes pour avoir des tas d’échantillons de musiques différentes... Maintenant, je voudrais que vous soyez bien attentif à ce que je vais écrire. Je ne tiens pas à mentir - pas une phrase, pas un mot - et comme je ne veux pas enjoliver ce récit mais le présenter brut, sans arrangement ni travestissement de la vérité, comme je ne veux pas me donner le beau rôle mais bien dire ce qui s’est passé et dans quelles circonstances, je révélerai exactement tout ce qui s’est passé sans fioritures. Tout ça pour revenir à cet épisode, le troisième dans l’ordre. A un certain moment, par hasard sur la bande FM, je suis tombé sur une radio juive. J’ai entendu la fin d’une chanson folklorique. Puis le DJ s’est présenté, redonnant le nom de sa radio, son n° de fréquence, etc. Puis au flash de 19 heures il s’est mis à donner les infos de politique intérieure... israélienne. Comme si on était à Jérusalem ou à Tel-Aviv. Pas un mot sur la France. Et là, j’ai eu une mauvaise réaction. J’ai eu une réaction raciste. Ou plus exactement, j’ai eu une réaction antisémite. Je n’en suis pas fier. J’étais épuisé nerveusement, crevé, pas dans mon état normal mais ça n’excuse pas ma réaction. Je me suis mis à gueuler: “Oh, les Juifs! Encore les juifs! Toujours les juifs! Les juifs par-ci! Les juifs par là! Merde, y en marre de cette propagande!” Je changeai de chaîne pour écouter autre chose: de grosses blagues bien épaisses pour me dérider. Soudain, j’entendis une grosse voix, une voix forte, sourde, haineuse, pleine de méchanceté et de fiel... J’étais interloqué. Comme à l’habitude, j'enregistrais ce que j’écoutais au cas où je serais tombé sur une chanson qui m’aurait particulièrement plu et que j’aurais voulu réentendre. Je refis passer la bande magnétique en arrière. Et je réécoutais: la voix pleine de haine et de rancœur, c’était la mienne. Et la phrase prononcée était la suivante: “je me fiche des juifs!!!” C’était ma voix et pourtant cette phrase n’était jamais sortie de ma bouche. C’était ma voix et pourtant cette pensée particulière (“je me fiche des juifs”), je ne l’avais même pas formulée dans ma tête. Même si au départ, j’avais eu une remarque antisémite de mauvais aloi, je n'avais pas prononcé ni même pensé cette phrase. J’avais compris. J’avais dorénavant la certitude que dans des conditions psychiques particulières - la plupart du temps en état de grande fatigue nerveuse, de déstabilisation émotive, de haut stress, mon cerveau “envoyait “ spontanément des pensées qui se matérialisaient sous forme de phrases parfaitement audibles. Et ces phrases parfaitement audibles pouvaient être entendues sur des canaux hertziens qui les “captaient”: radio, TV, téléphones. Et ces “phrases” envoyées dans les airs comme des ondes, ces phrases pouvaient être enregistrées sur des radiocassettes, des bandes magnétiques vidéo, des bandes magnétiques de répondeurs téléphoniques... J'avais compris, j'avais (pour moi et uniquement pour moi, bien entendu) “la preuve” de ce que j'avais pressenti auparavant: je générais un phénomène paranormal et pas qu’un peu! Aujourd’hui, je ne suis plus du tout sûr de cette hypothèse. Aujourd’hui, j’ai plutôt tendance à penser que des entités étrangères se manifestent autour de moi: fantômes, êtres décédés, entités inconnues venant d’autres dimensions... Je ne sais plus. On aura l’occasion de revenir là-dessus.
mardi, septembre 02, 2008
4
.J'ai fait la connaissance de RB pour la première fois dans une
station balnéaire durant l'été 1991. Elle était la sœur d'un de mes
amis, SB. Un ami de foot, surtout. RB devait avoir à peu près dix ans
de moins que moi. RB était une femme excitante. Elle avait aussi une
toute petite cervelle.
Je crois qu'elle a dû s'installer à Bordeaux durant l'été 1992 pour
faire des études de philosophie. Je ne sais plus quand je l'ai reçu
chez moi à Paris ou quand elle m'a reçu chez elle à Bordeaux, cette
ville d'une nullité à pleurer... Mais je peux déjà vous dire une
chose: un an après "l'explication de texte" chez G, le phénomène
mystérieux qui m'avait interloqué si fortement s'est reproduit. A
cette époque-là, nous étions en septembre 92 et RB se sentait un peu
seule pour la première fois de sa vie loin de chez sa maman. On
s'appelait donc régulièrement.
Un soir, après une journée harassante, je reçois un coup de fil:
- Eh, dis-moi, qu'est-ce qui te prends de m'insulter aussi
vulgairement sur mon répondeur?
- Qu'est-ce que tu me chantes? Je ne t'ai pas téléphoné depuis deux
jours et je n'ai laissé aucun message sur ton répondeur...
- Arrête ton char! Je sais reconnaître une voix. C'est ta voix, ne me
prends pas pour une idiote!
- OK. Fais-moi entendre l'enregistrement. Je veux entendre ça.
- Bon...
Les grésillements du répondeur. La même voix, la même... Pleine de
haine, agressante:
- Con, va...
- Pourquoi est-ce que tu m'as laissé ça? Enfin, explique-toi...
Alors, je lui ai raconté. Raconté la première fois. La première
apparition de ce phénomène dans ma vie l'année précédente chez G...
J'ai essayé d'analyser le phénomène. D'abord, une quasi-certitude: la
portée de ce phénomène n'a probablement pas de limites. Le premier
message fut reçu par mon médecin qui exerce à un kilomètre et demi de
chez moi. Mais de Paris à Bordeaux, il y a bien 500 km! Et j'ai le
sentiment que si RB avait habité à Rome, Londres, New-York ou San
Francisco, elle aurait reçu ce message de la même façon.
La deuxième constante qui s'est imposée à moi, c'est le fait que ce
phénomène paranormal ne se produisait qu'en cas de forte émotion. J'ai
commencé à le suspecter dès l'incident avec RB. Les émotions fortes,
mais aussi les sensations émotives, le stress intense, les désirs
sexuels, l'amour, la haine, l'agressivité, tout ce qui est du registre
des émotions fortes, très fortes, marquent chez moi un état de
déstabilisation affective qui "ouvre une porte" permettant l'intrusion
de ce phénomène. Les années qui suivirent allaient largement confirmer
ce premier diagnostic: pour qu'ils se produise, ce phénomène a besoin
d'une forte déstabilisation émotionnelle. Et bien sûr, il faut que
cette déstabilisation soit réelle, "vraie", spontanée, et en aucun cas
artificiellement créée.
jeudi, juillet 03, 2008
3
3
1991 ; ça fait déjà loin, hein !? C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience du phénomène qui tourne autour de moi. Je crois que confusément, je le pressentais auparavant sans y croire réellement ; sans vouloir y croire. On ne croit pas à l’impossible, à l’extraordinaire. On le refuse même s’il est là à s’ébrouer sous vos yeux comme l’éléphant – rose – dans le magasin de porcelaine.
Au printemps 1991, j’allais à une consultation de routine chez mon médecin. Appelons le “ G ”. Dés que je fus assis, G me demanda la raison de mon message téléphonique. Or de message téléphonique, il n’y en avait aucun de ma part vers G, à ma connaissance… G commença à froncer les sourcils et je commençai moi aussi à m’énerver. Quel baratin me jouait-il là ? Il me demanda si j’avais bu le jour où je lui avais laissé ce message. Non, je n’avais pas bu. Je ne bois pas d’alcool. Tout le monde le sait! Je le sommais de me faire écouter cette bande audio “ d’outre-tombe ”… Et là, ma surprise fut totale : sur cette bande se détachaient quelques mots très précis, et ces mots étaient prononcés avec ma voix, je la reconnaissais très bien – et G aussi bien sûr… “ Espèce d’enculé ! ”. Comment aurais-je pu téléphoner à mon médecin pour lui laisser une insulte si basse sur son répondeur ? Ce n’était pas moi ; oui, c’était ma voix mais je n’avais pas dit ça ; je n’avais pas téléphoné. Et pourtant le message était là, bien réel et bien sonore.
Malaise. Qui avait envoyé ce message ? A la demande de G, j’échafaudais une théorie : que des pensées inconscientes de mon cerveau se soient échappées et aient atterri sur son répondeur. Heureusement que j’écris anonymement sur Internet, hein ! Eh bien oui, voilà ce que j’ai proposé comme explication ; elle me semblait tenir la route. G s’est marré en me disant que j’avais trouvé un moyen de feinter les télécoms. Oui, oui, peut-être. Mais à partir de ce moment-là, le fantastique est entré dans ma vie et il n’y est plus sorti depuis.
Et je cherche toujours des réponses. Vous en avez ?
samedi, mai 31, 2008
2
Qui suis-je ?
Un être humain de la planète Terre. Oui, OK. Mais quelle sorte d’être humain? Quel genre d’être humain? Un être humain comme les autres ? Y en a-t-il d’autres, des comme moi? Je suppose que oui. Je suppose qu’il y en a beaucoup d’autres. Et je suppose que la plupart font comme moi : ils se taisent. Car moi, en me révélant au grand jour sur Internet, je fais comme eux : je me tais. Celui qui raconte tout est bien caché au cœur de l’anonymat – relatif anonymat, anonymat dévoilé en jeu de piste, vrai-faux anonymat…
J’ai toujours été attiré par le merveilleux. Aussi loin que je remonte dans ma vie, mon enfance, mon adolescence… Et de même j’ai toujours été une personne incroyablement peureuse. Quelqu’un ayant peur de son ombre, jusque à encore aujourd’hui. C’est vrai.
Je me rappelle… Vaguement dans les limbes, j’avais deux ou trois ans ; j’étais avec ma bonne dans ce pays bordant cette mer que je chéris d’entre toutes les mers du globe. Je me rappelle de cette voix qui m’appelait par mon prénom : trois consonnes et deux voyelles. Cette voix, elle était forte, elle était noire, celle d’un ogre ou d’un esprit, je ne sais pas, mais je me rappelle que j’avais peur, j’avais peur et ma bonne essayait de me consoler. Qu’est-ce que je raconte là ? Un faux souvenir ? Un fait réel ? Mais alors d’où venait-elle cette voix ? Et si elle était réelle, n’y avait-il que moi qui l’entendais? Je ne sais pas…
Contentez-vous en pour aujourd’hui. De toute façon, ici vous trouverez plus de questions que de réponses. Les réponses, c’est vous qui allez me les donner.
mercredi, mai 14, 2008
1
L’histoire que je vais vous conter est réelle. Ce n’est pas un roman, ce n’est pas une fiction. C’est une transcription qui sera la plus honnête possible d’événements ayant commencé en 1991 (et peut-être avant… Je m’expliquerai sur ce fait) et continuant à l’heure actuelle. Dans la mesure où ces événements sont réels et impliquent des êtres vivants et non des personnages de fiction, aucun nom propre ne sera donné et de multiples alias seront utilisés. A commencer par mon identité que je me refuse à dévoiler. Ce n’est pas que je sois un maniaque du secret ; je suis persuadé d’ailleurs que les multiples pistes que je laisserai dans mon texte seront étudiées, recoupées, et finalement peut-être aboutiront-elles à la source, c’est-à-dire moi. Mais si je suis débusqué, je nierai, bien sûr. Je nierai tout. C’est un travail de travestissement mais aussi un travail de dévoilement. C’est complexe. Mais la situation ne l’est-elle pas ?
J’ai décidé d’écrire parce que j’ai pu vérifier que parler ouvertement de phénomènes paranormaux autour de soi est dangereux. Dans une société hyper-rationaliste, on a tôt fait de vous prendre pour un dingue ou un affabulateur ou Dieu sait quoi. Mon anonymat me protège. Mon texte me protège. Parler à des millions d’inconnus comme vous c’est un peu comme parler à personne